Jorsala
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Le lancement par une marche

Une marche de Bruxelles à Aix-la-Chapelle

Du 31 mars au 12 avril derniers, 60 personnes issues de la diversité belge ont relié à pied Bruxelles à Aix-La-Chapelle, traversant toutes les différences tant sur le plan linguistique que religieux, socio-économique, culturel et générationnel. Leur but ? Vivre ensemble une expérience de dialogue.

Les participants à cette première Route de Dialogue, âgés de 10 à 74 ans ; francophones, néerlandophones et germanophones ;  vivant depuis toujours en Belgique ou présents depuis peu de temps ; ruraux et citadins ; artistes, enseignants, chefs d’entreprises, chômeurs, … ; musulmans, chrétiens, athées ou d’autres religions, … partageaient ce même désir : aller au-delà de toutes ces barrières érigées entre nous, portés par la conviction que seul le dialogue peut nous permettre d’envisager un avenir serein. Dans un climat de repli identitaire où la différence semble de plus en plus perçue comme une menace, (re)créer des espaces de dialogue au sein de la société s’inscrit dans une démarche citoyenne, mais aussi, plus profondément encore,  dans la perspective de redonner du sens à nos échanges et nos existences partagées.

Pendant douze jours, cette marche aux couleurs bigarrées a traversé la diversité de nos contrées dans un triple objectif : Proposer une expérience de déconstruction de nos préjugés par la marche, annoncer l’ouverture d’une Route de Dialogue transeuropéenne reliant Bruxelles à Istanbul en 2014 et plus largement lancer une dynamique de sensibilisation invitant à la création d’espaces de dialogue au quotidien.

Tout au long de l’itinéraire, ces « ambassadeurs du dialogue », venus à titre individuel ou au nom d’une association, ont été accueillis par les collectivités locales : dans un centre pour personnes handicapées à Huldenberg, dans une mosquée à Verviers, dans des écoles catholiques et communales, … Tantôt reçus par un couple de barons dans un château du XVIIème, tantôt par des réfugiés eux-mêmes dans le centre qui les héberge… Partout, une même qualité d’accueil, une même gratitude : « Merci de nous avoir tendus la main ». Un même élan aussi de la part des autorités locales : « Le dialogue est une urgence pour les autorités publiques : Votre initiative permet à des univers cloisonnés de se rencontrer, elle répond à un réel besoin des citoyens ».

Cette expérience a avant tout été celle de la connaissance de l’autre dans sa différence. Naturellement, l’être humain tend à créer des frontières entre l’autre et lui-même, pour marquer son territoire et son appartenance. A cet égard, Jorsala est porté par une simple conviction : la connaissance de l’autre ouvre un espace de liberté, permettant de l’accueillir dans sa différence sans devoir le juger pour se rassurer. Dans une expérience de déconstruction comme Jorsala le propose, quand tombent les peurs et les préjugés, nous touchons à un besoin profondément ancré en nous : retrouver notre humanité partagée, refondant ainsi nos échanges avec autrui.

Ce qui a pu rendre possible une telle qualité d’expérience ? Pas de longs discours, pas de volonté de convaincre. Le simple désir de proposer un cadre permettant de vivre l’essentiel.
Pour faire naître le dialogue, nous avons fait le pari de l’informel : marcher ensemble pendant 10 jours, c’est avoir le temps de l’échange vrai, en profondeur ; c’est aussi le retour aux choses simples – un pique-nique partagé, une salle occupée en commun pour la nuitée,  un pied bandé grâce aux soins des participants les plus chevronnés ; c’est surtout ne pas être là pour faire des choses ensemble, mais bien pour ETRE ensemble. C’est à travers ce chemin partagé que la voie de dialogue dans laquelle nous nous étions engagés a pu devenir peu à peu réalité. Une réalité humble, mais portant en elle les germes de nombreux fruits dans nos vies et nos engagements au quotidien.

 

L’itinéraire